Le béton est le matériau de construction le plus utilisé au monde. Sa qualité et ses propriétés sont essentielles pour garantir la sécurité et la durabilité des ouvrages de génie civil. C’est pourquoi les essais sur béton, qu’ils soient destructifs ou non destructifs, jouent un rôle crucial dans le contrôle qualité et l’évaluation des structures en béton.
Ce guide technique complet vise à présenter en détail les différents types d’essais réalisés sur le béton, leurs principes, leur mise en œuvre et leur interprétation. Il s’adresse aux élèves ingénieurs et aux professionnels du génie civil souhaitant approfondir leurs connaissances dans ce domaine essentiel.
Définition et importance des essais béton
Les essais sur béton regroupent un ensemble de techniques permettant de caractériser les propriétés du béton à l’état frais et durci. Ils visent trois objectifs principaux :
Ces essais sont indispensables pour :
Les deux grandes familles d’essais sur béton
On distingue deux catégories d’essais sur béton :
#1. Les essais destructifs de béton
#2. Les essais non destructifs de béton
Cadre réglementaire
En France, les essais sur béton sont encadrés par un ensemble de normes, dont les principales sont :
Ces normes définissent les protocoles d’essai, le matériel à utiliser et les critères d’interprétation des résultats.
Partie 1 : Les essais destructifs de béton
Chapitre 1 : Les essais sur béton frais

Objectifs des essais sur béton frais
Les essais sur béton frais visent à contrôler les propriétés du béton avant sa prise et son durcissement. Ils permettent de :
#1. Essai d’affaissement au cône d’Abrams

Principe : Mesurer l’affaissement d’un échantillon de béton frais sous son propre poids.
Matériel :
Procédure :
- Remplir le cône en 3 couches, chacune piquée 25 fois
- Araser la surface et soulever le cône verticalement
- Mesurer l’affaissement du béton par rapport à la hauteur initiale
Interprétation :
#2. Essai d’étalement à la table à chocs

Principe : Mesurer l’étalement d’une galette de béton soumise à des chocs normalisés.
Matériel :
Procédure :
- Remplir le cône posé au centre de la table
- Soulever le cône et appliquer 15 chocs en 15 secondes
- Mesurer le diamètre de la galette dans deux directions perpendiculaires
Interprétation :
#3. Essai de teneur en air
Principe : Mesurer le volume d’air occlus dans le béton frais par une méthode pressiométrique.
Matériel :
Procédure :
- Remplir l’aéromètre de béton en 3 couches piquées
- Fermer hermétiquement et remplir d’eau l’espace au-dessus du béton
- Appliquer une pression d’air et mesurer la variation de volume
Interprétation :
Chapitre 2 : Les essais sur béton durci
Objectifs des essais sur béton durci
Les essais sur béton durci permettent de :
#4. Essai de compression uniaxiale sur béton durci

Principe : Soumettre une éprouvette à un effort de compression croissant jusqu’à la rupture.
Matériel :
Procédure :
- Rectifier les faces d’appui de l’éprouvette
- Centrer l’éprouvette sur le plateau de la presse
- Appliquer un chargement à vitesse constante (0,5 MPa/s)
- Enregistrer la force maximale à la rupture
Calcul : Résistance = Force max / Section de l’éprouvette
Exemple :
#5. Essai de fendage (traction indirecte) sur béton durci
Principe : Appliquer un effort de compression selon deux génératrices opposées d’une éprouvette cylindrique.
Matériel :
Procédure :
- Positionner l’éprouvette horizontalement entre les plateaux de la presse
- Interposer des bandes de contreplaqué
- Appliquer un chargement à vitesse constante jusqu’à la rupture
Calcul : Résistance = 2 x Force max / (π x Diamètre x Hauteur)
Exemple :
#6. Essai de flexion 3 points sur béton durci

Principe : Soumettre une éprouvette prismatique à un effort de flexion jusqu’à la rupture.
Matériel :
Procédure :
- Positionner l’éprouvette sur deux appuis distants de 30 cm
- Appliquer une charge au centre de la portée
- Augmenter la charge jusqu’à la rupture
Calcul : Résistance = (3 x Force max x Distance entre appuis) / (2 x Largeur x Hauteur²)
Exemple :
#7. Essais de durabilité
Pénétration d’eau sous pression (NF EN 12390-8)
Résistance au gel-dégel (NF P 18-424)
Carbonatation accélérée (XP P 18-458)
Pénétration des chlorures (NT Build 492)
Chapitre 3 : Préparation des éprouvettes béton et interprétation des résultats
Préparation des éprouvettes béton
Le choix et la préparation des éprouvettes sont cruciaux pour la fiabilité des résultats :

Choix du type d’éprouvette
Prélèvement des carottes sur ouvrages existants :
Conservation et conditionnement :
Interprétation des résultats
Limites de validité
Corrélations entre essais
Influence des facteurs environnementaux
Partie 2 : Les essais non destructifs de béton
Chapitre 4 : Principes généraux des essais non destructifs de béton
Avantages des essais non destructifs de béton
Limites des essais non destructifs de béton
- Mesures indirectes nécessitant une interprétation
- Précision généralement inférieure aux essais destructifs
- Influence de nombreux paramètres (humidité, carbonatation, etc.)
- Nécessité d’une calibration sur le béton testé
Méthodes d’essais non destructifs
- Propagation d’ondes : Ultrasons, impact-écho
- Mesure de dureté : Scléromètre, pistolage
- Résistance électrique : Résistivité, potentiel de corrosion
- Méthodes électromagnétiques : Radar, courants de Foucault
Chapitre 5 : Les principaux essais non destructifs du béton
#1. Essai non destructif du béton : Scléromètre (ou marteau de Schmidt)

Principe : Mesurer le rebond d’une masse projetée sur la surface du béton
Matériel :
Procédure :
- Préparer une zone plane et lisse de 30×30 cm
- Réaliser au moins 9 impacts espacés de 2,5 cm
- Calculer la moyenne des rebonds en excluant les valeurs extrêmes
Interprétation :
Avantages :
Limites :
#2. Essai non destructif du béton : Ultrasons

Principe : Mesurer la vitesse de propagation d’ondes ultrasonores dans le béton
Matériel :
Procédure :
- Calibrer l’appareil avec une tige étalon
- Appliquer du gel de couplage sur les transducteurs
- Mesurer le temps de transit entre émetteur et récepteur
Interprétation :
Exemple de calcul :
Avantages :
Limites :
#3. Essai non destructif du béton : Résistance électrique
Principe : Mesurer la résistivité électrique du béton, liée à sa porosité et son degré de saturation
Matériel :
Procédure :
- Humidifier légèrement la surface du béton
- Appliquer la sonde perpendiculairement à la surface
- Effectuer plusieurs mesures en faisant pivoter la sonde de 90°
Interprétation :
Avantages :
Limites :
Autres méthodes & Essais non destructifs du béton
Thermographie infrarouge
Radar (ou GPR – Ground Penetrating Radar)
Impact-écho
Chapitre 6 : Interprétation des résultats et applications
Corrélation entre essais destructifs et non destructifs
Pour obtenir des résultats fiables, il est essentiel d’établir des corrélations entre les essais non destructifs et les résistances réelles mesurées par essais destructifs :
- Réaliser des essais non destructifs sur un échantillon représentatif
- Prélever des carottes aux mêmes emplacements
- Effectuer des essais de compression sur ces carottes
- Établir une courbe de corrélation spécifique au béton testé
Exemple : Pour un béton donné, on obtient la corrélation suivante entre la vitesse des ultrasons (V en m/s) et la résistance en compression (R en MPa) :
R = 0,0518 V – 185,7
Avec un coefficient de détermination R² = 0,92
Applications des essais non destructifs de béton
Contrôle de la qualité en cours d’ouvrage
Réévaluation de la résistance des structures existantes
Localisation des défauts
Estimation de la durabilité
Limites d’interprétation
Malgré leurs avantages, les essais non destructifs présentent certaines limites d’interprétation :
Conclusion
Les essais sur béton, qu’ils soient destructifs ou non destructifs, sont des outils indispensables pour garantir la qualité et la durabilité des ouvrages en béton. Chaque type d’essai présente des avantages et des limites :
Choix des essais en fonction des objectifs
Le choix des essais dépend des objectifs du contrôle ou du diagnostic :
En conclusion, la maîtrise des différentes techniques d’essais sur béton est essentielle pour tout ingénieur en génie civil. Elle permet d’assurer la qualité des ouvrages neufs et de garantir la sécurité des structures existantes. La combinaison judicieuse des méthodes destructives et non destructives offre une approche complète et efficace pour caractériser les propriétés du béton à toutes les étapes de la vie d’un ouvrage.
FAQ sur les essais sur le béton
Quels sont les essais sur le béton ?
Les principaux essais sur le béton incluent :
- Essais de résistance : compression, traction, flexion
- Essais de durabilité : résistance au gel, réaction aux sulfates, carbonatation
- Essais sur béton frais : affaissement, teneur en air
- Essais non destructifs : scléromètre, ultrasons
- Essais de structure : gonflement, retrait, fissuration
Ces essais permettent d’évaluer la qualité du béton, sa résistance mécanique et sa durabilité face aux agressions environnementales. Ils sont réalisés conformément aux normes NF en vigueur et peuvent être effectués en laboratoire ou sur site.
Comment tester le béton ?
Pour tester le béton, on peut procéder à des essais destructifs et non destructifs :
- Essais destructifs :
- Confection d’éprouvettes pour essais de compression, flexion, traction
- Prélèvement de carottes sur ouvrages existants
- Essais non destructifs :
- Scléromètre pour la dureté de surface
- Ultrasons pour détecter les fissures internes
- Mesure de la résistivité électrique
- Essais de durabilité :
- Résistance au gel-dégel
- Pénétration des chlorures
- Réaction sulfatique interne
La combinaison de ces méthodes permet d’évaluer la résistance du béton, sa qualité et sa durabilité.
Comment faire analyser du béton ?
Pour faire analyser du béton, suivez ces étapes :
- Contactez un laboratoire spécialisé comme GEOS Laboratories France.
- Définissez les objectifs de l’analyse : contrôle qualité, recherche de pathologies, évaluation structurelle.
- Choisissez les essais appropriés : résistance, durabilité, composition.
- Prélevez des échantillons ou réalisez des essais in situ selon les recommandations du laboratoire.
- Envoyez les échantillons au laboratoire ou organisez une intervention sur site.
- Le laboratoire effectuera les essais et vous fournira un rapport détaillé.
N’hésitez pas à demander l’expertise du laboratoire pour interpréter les résultats et définir les actions à entreprendre.
Quels sont les différents contrôles qui doivent être effectués sur le béton ?
Les contrôles essentiels à effectuer sur le béton sont :
- Sur béton frais :
- Consistance (essai d’affaissement)
- Teneur en air (pour résistance au gel)
- Température
- Sur béton durci :
- Résistance à la compression (essai fondamental)
- Résistance à la traction et flexion (si nécessaire)
- Module d’élasticité
- Durabilité :
- Porosité et perméabilité
- Résistance au gel-dégel
- Carbonatation
- Pénétration des chlorures
- Contrôles structurels :
- Fissuration
- Retrait et fluage
- Adhérence béton-acier
Ces contrôles permettent d’assurer la qualité et la durabilité du béton dans son environnement d’utilisation.
Que faire en cas de désordres constatés sur un ouvrage en béton ?
En cas de désordres sur un ouvrage en béton (fissuration, gonflement, éclatements), voici la démarche à suivre :
- Effectuer un diagnostic visuel approfondi pour identifier l’étendue des dégâts.
- Contacter un expert en pathologie du béton pour une évaluation professionnelle.
- Réaliser des essais non destructifs (scléromètre, ultrasons) pour une première estimation.
- Procéder à des prélèvements (carottes) pour des analyses en laboratoire.
- Identifier les causes : réaction sulfatique interne, gel interne, corrosion des aciers, etc.
- Établir un plan de réparation basé sur les résultats des essais et l’expertise.
- Mettre en œuvre les solutions adaptées : injections, renforcement structurel, protection de surface.
N’hésitez pas à vous tourner vers une équipe spécialisée pour un diagnostic complet et des solutions durables.